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23 déc. 2025

Unifier et éclaircir son esprit

Unité de l'esprit et de la technique du tir, selon Kaminaga sensei

Les techniques de tir (shagi) montrent toutes des variations individuelles mais, en les rassemblant,  nous nous sommes efforcés de les uniformiser en un ensemble cohérent afin de leur donner vie.

Lorsque toute notre force est absorbée par l'arc et qu'on atteint un état de désespoir absolu où quelle que soit la technique rien ne peut aider, on développe la conviction de maîtriser la situation.

En d'autres termes nous sommes face à une situation critique : daishi ichiban, la plus grande des morts (1) où, animés d'une grande détermination issue du plus profond de notre être, nous faisons du tir un moment clair et limpide et avec une énergie foudroyante. 

Dans cette situation, il ne faut pas se précipiter ni s'agiter, ne rien redouter et ne pas hésiter. Il faut éclaircir calmement son esprit (sumashi) jusqu'à ce que cet état soit suffisamment profond. Ce n'est qu'alors que nous pouvons véritablement exprimer notre être véritable et, pour la première fois, sae voit le jour. (2)

Lorsque, durant kai, l'esprit et la technique coïncident et se confondent, une étincelle jaillit et  kai devient hanare. Le bref instant où, l'esprit et la technique s'harmonisent, correspond à hanare. À cet instant, toutes les distractions sont effacées et un état de vide et de non-pensée est atteint (shinkû-musô). C’est de ce vide, de cette absence de pensées, que se produit la transformation appelée hanare. (3)

Mathématiquement, un est toujours un et ne peut être réduit à rien d'autre, mais dans le kyûdô, lorsqu'on traverse l'espace appelé shinkû (le vide véritable), un devient mu c'est-à-dire rien, et toute chose (manpô) retourne à un (il ne s'agit pas du nombre un), c'est un retour vers la grande harmonie (4).

Cet espace est un état d'esprit libre de pensées et de sentiments (munen-musô) (5), et en entrant dans cet état, on est capable de se libérer des attachements au passé, une lumière pure est émise, et l'âme existe telle qu'elle était à sa naissance.

Kyûdô kyôhon, volume 2, page 55
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