Cultiver les bases
L’esprit ou le concept même du tir à l’arc, exige de ceux qui le pratiquent une certaine intuition.
Avant tout, s'entraîner au tir à l'arc ne se résume pas à une simple imitation. Tout comme la calligraphie qui comporte des étapes telles que le style régulier (kaisho), le style cursif (gyôsho) et le style herbeux (sôsho), le tir à l'arc comprend également des étapes comme shin, gyô, et sô.
À mesure de l'avancée progrès, le tir à l'arc doit être pratiqué avec justesse, selon le principe du Raiki Shagi : « le tir, avec la succession de ses déplacements vers l'avant et vers l'arrière ne peut s'effectuer sans courtoisie ni justesse ». Le tir ne se résume pas seulement à huit étapes, depuis ashibumi à zanshin ; il commence dès l'instant où l'on entre dans le dôjô, arc et flèches en main.
Pour prendre l'exemple de la création florale (ikebana), les fleurs fraîches sont destinées à être appréciées un ou deux jours à peine, et pourtant beaucoup d'efforts et de nombreux jours dans l’année sont consacrés à cette tâche. L'origine de ces fleurs, élevées avec une grande attention portée aux racines, aux tiges, aux rameaux et aux feuilles qui les composent. Elles sont l'aboutissement de tous ces efforts et peuvent alors, pour la première fois, s'épanouir.
Les phases kai et hanare du tir sont précisément comparables à la calligraphie et à la composition florale et pour faire éclore magnifiquement ces fleurs d'un jour, portons notre attention durant nos entraînements sur tous les mouvements et l'énergie qui touchent les racines, le tronc, les branches et les feuilles.
L'accomplissement du kyûdô
Ainsi, si l'on ne s'entraîne pas en se concentrant sur ses fondements et sur ce que doit être le tir, on ne développera pas shahin, la noblesse du tir, et celui-ci manquera définitivement de vie. A la façon d'un tir qui vous touche, un tir qui résonne en vous, toute chose devient possible. Par conséquent, idéalement, il faut pratiquer avec sincérité afin de devenir un archer accompli et respecté. (révision du 31 décembre)
Le tir à l'arc n'est pas une affaire d'ego ou de force. La puissance de l'arc influence grandement la progression dans la technique de tir, il est donc important de choisir un arc adapté à sa force. Si l'on ne compte que sur la force et qu'on ouvre des arcs puissants, on se concentrera uniquement sur la technique (une technique qui s'appuie sur des artifices, sur une habileté plus que sur une maîtrise technique, ndt), sans développer ses compétences ou son technique. À l'inverse, un arc trop faible produira des tirs frivoles et sans âme.
Un vieux proverbe dit : « La courtoisie est Ogasawara, le tir à l'arc est Heki », mais si la technique (et tekichû aussi) prévaut dans le tir guerrier, il est souhaitable de suivre rei en matière d'étiquette et de protocole. Les mouvements du tir à l'arc de cérémonie (shintai shûsen) reposent sur l'étiquette, et les techniques concernent davantage les aspects martiaux de la discipline. Ce n'est que lorsque ces deux éléments sont harmonieusement intégrés que le kyûdô atteint son apogée. Le défunt maître Honda Toshizane (?) avait pour la première fois unifié les deux.
Taihai et préparation mentale dans le tir
Le tir à l'arc exige une attitude mentale (kigamae) appropriée. Celle-ci est appelée « sumashi » (clarté), et il y a trois cas.
Sumashi avant le tir proprement dit est appelé « mae no sumashi ». Cela peut durer de quelques minutes à plusieurs heures, voire plusieurs jours ou mois de purification. Cela implique de se purifier, de réguler son attitude et de se calmer au sein du dôjô.
Sumashi pendant le tir est appelé « naka no sumashi », représentant l'état d'harmonie et d'unité le plus complet du corps et de l'esprit.
Sumashi entre le moment du tir et celui de quitter le dôjô est appelé « ato no sumashi ». Là encore, il est essentiel de maintenir son attitude et son état mental. Bien que « mae no sumashi » se réfère au sens strict à la période précédant et suivant le tir, cette notion peut également être interprétée au sens large.
Au sens strict, la distinction entre avant et après se rapporte à la période précédant et suivant le tir, mais au sens plus large, cette distinction est également nécessaire dans la vie quotidienne. C'est là tout le sens de l'expression « shasoku jinsei » « le tir, c'est la vie »
Le tir à l'arc est un vecteur d'épanouissement personnel, de purification familiale, de gouvernance nationale et de paix dans le monde. Le tir à l'arc est une voie incomparable de bravoure et de beauté. S'y engager pleinement conduit vers la paix. (mise à jour du 31/12/2025)
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